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Colloque « Autogestion et Travail, un état de la question » des 5 & 6 octobre prochains au CNAM Paris – Programme

 

Par-delà le travail, l’autogestion

Si l’on retrace l’histoire de l’autogestion, il est intéressant de constater que, quelles que soient les périodes, elle cristallise certaines de leurs utopies (Georgi, 2003). De l’appropriation collective des outils de production à celles de la force des possibles par en bas (Trentin, Les hackers, Nuit debout, etc.), l’autogestion semble refléter une dynamique des différents idéaux, rêvés et vécus.

Axe 1 – Le travail de l’autogestion

Si l’autogestion apparaît bien souvent comme la gestion de la production  par celles et ceux qui la font, il convient de porter également la focale sur les modes de délibération qui travaillent cette organisation. Autogérer la production, cela signifie également se doter d’outils permettant l’expression d’un commun, c’est-à-dire d’une forme institutionnelle qui sera support de l’organisation (Nicolas-Le Strat, 2016). Quelles sont les formes institutionnelles les plus aptes à porter les projets autogestionnaires (démocratie directe ou délibérative, rotation des mandats, conseils d’administration, SCOP, etc.) ? Quelles en sont leurs contradictions ou leurs impasses (bureaucratisation, stratification, anomie, recomposition des jeux de pouvoir, etc.) ?

Quelles en sont les limites (désorganisation, conflits d’usages, violence symbolique, rapports de domination, etc.) ? Comment les acteurs s’approprient-ils concrètement les instances de délibération ? Il s’agira aussi d’interroger si ce travail de l’institution (Castoriadis, 1975) conduit – ou non – à une plus forte détermination de la contrainte par le groupe ou si, et dans quelle mesure, celle-ci s’impose encore de l’extérieur.

Axe 2 – Le travail en autogestion

L’autogestion, dans la mesure où elle entend rompre avec l’organisation capitaliste de la production,  appelle d’autres expériences vécues du travail. Il s’agira dans cet axe de privilégier les expériences de l’activité et des rapports sociaux qui sont au cœur du procès de production autogestionnaire afin de comprendre ce que la mise en œuvre de l’autogestion fait au travail et aux rapports sociaux qui en émergent. Comment les acteurs racontent-ils la vie au travail en situation d’autogestion ? Qu’en est-il de la place de la créativité au travail ? Quel est le rapport au produit du travail ? Comment les collectifs de travail se structurent-ils en situation d’autogestion ? Peut-on considérer que l’autogestion, revendiquée par certains types d’organisations (tiers lieux) est un mode alternatif de gestion pérenne. Et, si c’est le cas, on peut se demander dans quelle mesure des outils de gestion, d’évaluation du travail,   spécifiques ont été mis en place (voire ne seraient plus du tout utilisés). Les rapports de domination persistent-ils et sous quelle forme ? Au-delà des expériences réussies d’autogestion, cet axe vise aussi à restituer des expériences inabouties et les raisons de leur incomplétude ou de leur échec.

Axe 3 – Le travail par l’autogestion

L’autogestion apparaît aujourd’hui comme un mot clé traduisant des expériences collectives de travail ayant une relative autonomie. De la même manière que l’autonomie a marqué le discours managérial (Boltanski, Chiapello, 1999), il conviendra dans cet axe de donner à voir l’autogestion comme un dispositif de gestion ou d’engagement au travail qui permet une mise au travail grâce à une légitimité qui déborde les simples ressorts du consentement au travail. Quelles règles se donnent les collectifs pour s’assurer que cet engagement est bien effectif et partagé par tous ? Quid des passagers clandestins ? Si l’autogestion s’instaure souvent dans un premier temps à partir d’un cadre théorique commun porté par les premiers membres-fondateurs réclamant davantage d’autonomie, qu’en est-il de sa pérennité avec des héritiers qui vivent l’expérience sans partager nécessairement ce cadre théorique ? L’autogestion s’affronte-t-elle réellement au mode de production capitaliste ou peut-elle constituer un mode d’organisation favorisant l’engagement dans le travail ? Dans ce sens a-t-on affaire à une expérience de rupture ou à un modèle organisationnel pouvant s‘acclimater avec les exigences du capital ?

Axe 4 – Le travail pour l’autogestion, l’autogestion contre le salariat

Si on relie l’autogestion à son histoire, à celle de l’autonomie politique et productive réclamée par les  traditions syndicalistes révolutionnaires et anarchosyndicalistes (Pereira, 2009, 2010), on observe que les expériences autogestionnaires d’autrefois avaient vocation à promouvoir plus largement un mode de production alternatif au mode de production capitaliste. Que ce soit dans les mondes du travail ou en dehors, certains courants politiques expérimentent l’autogestion, mais plus encore la revendiquent comme projet (Bloch, 1976), comme politique de l’autonomie (Aspe, 2011). Quelles sont les nouvelles pratiques et théories autogestionnaires ? Comment s’opposent-elles à la financiarisation de l’économie ? Quels choix opèrent-elles entre tradition et innovation, entre utopie et concrétisation ? S’inscrivent-elles dans l’histoire des mouvements sociaux autogestionnaires ou s’en distancient-elles ? Les courants de l’« anti-gestion » sont-ils des héritiers de l’autogestion ? Les réflexions menées dans les quatre axes pourraient également porter sur l’opportunité de situer les interrogations à l’œuvre selon la nature des organisations concernées, catégories d’entreprises marchandes, association, administrations.

Retrouvez tout le programme du colloque ci-dessous :

PROG-Autogestion-et-travail-octobre-2017

 

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