Séminaire d’hiver de la SFM le 4 février 2016 – La légitimité de l’entreprise en questions ?

Société Française de Management

French Academy of Management

La légitimité de l’entreprise en questions ?

Séminaire d’hiver de la SFM le 4 février 2016

9h-18h à Dauphine Salle : Raymond Aron

Journée ouverte à tous (pour vous inscrire, adressez un mail à: )

Porteuse de nouvelles organisations du travail, déstabilisée par la révolution numérique, revendiquant une responsabilité sociétale étendue, pilotée sous l’égide de l’actionnaire, l’entreprise, diabolisée ou divinisée, est devenue un acteur majeur de la transformation du monde et de nos sociétés. L’exercice de ce pouvoir considérable appelle de multiples interrogations. Dans le cadre de cette journée, intitulée, « La légitimité des entreprises en questions ? », nous allons chercher à réfléchir sur la place que les entreprises ont dans nos sociétés et aux principaux questionnements qu’elles suscitent aujourd’hui.

Cette réflexion s’inscrit dans un tournant récemment qualifié de sociétal, lequel est associé à un mouvement de renouvellement de la relation entre l’entreprise et la société, et dont la principale caractéristique est l’inclusion croissante de facteurs non économiques au sein de la décision managériale.

En effet, par sociétal, on entend la totalité du tissu constitutif de la société considérée comme milieu de vie organisationnel; l’environnement sociétal est donc ici constitué de marchés, d’institutions, d’acteurs et de la nature; par tournant, on entend un double mouvement : d’une part, une réorientation marquée de la relation entre les organisations et la société vers une logique de réencastrement (Polanyi, [1944] 1983), à la fois instrumentale et morale, de l’économique dans le social; et d’autre part, une prise en compte de plus en plus forte de la nature comme facteur incontournable dans les stratégies des organisations, face aux menaces croissantes qui pèsent sur notre environnement physique (réchauffement planétaire, destruction de milieux naturels, disparitions de nombreuses espèces, épuisement des ressources, pression démographique). La négociation entourant la réunion de la COP21 en étant une belle illustration récente.

Comprendre le sens profond de ce tournant sociétal, c’est rappeler la genèse des relations qui se sont constituées entre les entreprises et la société. Une des voies d’accès à ce rappel historique est de s’attarder à l’évolution qu’ont connue, au cours des deux derniers siècles, les notions d’intérêt public et de légitimité et de voir ce que les travaux en sciences de gestion peuvent apporter à ce sujet. C’est elle en effet qui conditionne le rôle assigné par chaque société à ses entreprises, et donc les modalités managériales que cette société met en place.

Aussi loin que l’on puisse remonter dans l’histoire, les activités économiques ont toujours fait l’objet d’un questionnement en termes d’intérêt public. Certains de ces questionnements semblent d’ailleurs récurrents puisqu’on les retrouve encore bien présents aujourd’hui dans les discours qui entourent l’éthique des affaires. L’avènement de la modernité, marqué par les progrès du monde industriel, a toutefois provoqué l’érosion d’un monde séculaire régi par la tradition, la morale et la théologie. La question des relations entre l’économie et la société s’est alors posé sous un jour nouveau: comment concilier les intérêts souvent contradictoires de l’entreprise et du reste de la société quand les intérêts économiques prennent de plus en plus de place dans l’univers social?

Pour répondre à cette question, plusieurs doctrines (libéralisme, étatisme, corporatisme,…) se sont succédées dès les prémices de la Révolution industrielle. À la différence des périodes précédentes, plus préoccupées de morale que d’efficacité, ces doctrines ont toutes eu pour objectif d’organiser les relations entre l’entreprise et son environnement autour de deux principes: un principe d’efficacité et un principe d’équité. Si chacune de ces doctrines a connu son âge d’or, toutes ont laissé une empreinte profonde sur celles qui les ont suivies. Par conséquent, les fondements de la relation entre l’entreprise et la société, tout comme les contradictions propres à notre société contemporaine, sont fortement imprégnés des conceptions et régimes sociétaux hérités du passé.

Trois grands modèles sont sortis de ces doctrines, chacun se caractérisant par un principe de régulation dominant, à savoir le marché, l’État et la société civile. Aujourd’hui, face aux nombreuses critiques auxquelles font face les entreprises, notamment les plus grandes, et aux grands défis que nos sociétés doivent surmonter (financiarisation, inégalités socioéconomiques, équilibre environnemental, transformations du travail par les technologies de l’information, bien être au travail) et dont les entreprises sont des parties prenantes incontournables, l’évolution des concepts d’intérêt public et de légitimité connaissent bien des questionnements.

La Société Française de Management a donc décidé d’organiser sa journée annuelle autour de cette importante réflexion qui touche à l’essentiel de l’activité socioéconomique des entreprises.

Pour ce faire, elle a regroupé l’exploration de cette question autour de quatre grands axes :

1)     un axe historique qui reviendra sur ces notions d’intérêt public et de légitimité de l’entreprise et de l’apport des sciences de gestion à ce sujet;

2) un axe sur la RSE en tant que processus de légitimation de l’entreprise;

3) un axe sur la Finance responsable

4) un axe sur la refondation de l’entreprise .

Programme de la     journée

           Lieu : Amphithéâtre Raymond Aron (2ème étage)

Accueil : 8H 30

Café

9H 00 : Ouverture du colloque : Hervé Dumez, Président de la SFM et Jean-François Chanlat (organisateur de la journée)

9H-00-10h30

1ère table ronde : La légitimité de l’entreprise : perspective historique, définitions et apport des sciences de gestion»

Animateur: Jean-François Chanlat (Université Paris-Dauphine, P.S.L),

Intervenants: Patrick Fridenson (EHESS), Romain Laufer (HEC-Paris), Franck Aggeri (CGS, Mines-Paris Tech, PSL)

10H30-11h: Pause

2ème table ronde: « Le mouvement de la responsabilité sociale de l’entreprise (RSE): un processus de legitimation »

Animateur: Jacques Igalens (IAE de Toulouse)

Intervenant(e)s: Françoise Quairel-Lanoizélée, (Université Paris-Dauphine), Pierre-Yves Gomez, (EM-Lyon) et Aline Crépin, Directrice de la RSE, Randstad, France

12H30-14H: Déjeuner

14H-15H30

3ème table ronde : « Ethique et finance responsable »

Animateur: Jérôme Méric (IAE de Poitiers)

Intervenant(e)s: Nicolas Mottis (ESSEC Business School), Olivier Charpateau (Université Paris-Dauphine, P.S.L), Pascal Saint Amans (OCDE) et Catherine Karyotis (Neoma Business School)

15h30-16h: Pause

16H-17H45

4ème table ronde : « Pour une refondation de l’entreprise »

Animateur: Michel Capron (Paris-Est Créteil)

Intervenant(e)s: Blanche Segrestin et Armand Hatchuel (CGS, Mines-Paris-Tech, P.S.L), Sandra Enlart, directrice (Entreprise et Personnel), Olivier Basso (CNAM), Eric Ferreres (Expert en relation sociales), Emmanuel Triomphe (Astrées), Corinne Gendron (ESG-Uqam).

17h 45-18h: Mot de clôture du Président de la SFM et réunion du CA

18H: Cocktail

Hervé Dumez, Président de la SFM

Olivier Basso, Secrétaire Général

Jean-François Chanlat, Organisateur du séminaire d’hiver 2016

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