Prix de thèse RIODD 2026
Maylis Genouel (ENS Lyon, UMR 5600 Environnement Ville société)
Le Prix de thèse du RIODD 2026 est attribué à Maylis Genouel, en géographie et urbanisme, pour sa thèse intitulée « (Re)connaître et vivre avec les pollutions causées par les inondations urbaines en France et au Québec ».
En s’intéressant aux matières potentiellement dangereuses déplacées par les inondations, cette recherche met en lumière une dimension encore peu reconnue du risque urbain. Elle montre comment l’exposition à ces pollutions varie selon les espaces et les populations, et interroge les inégalités environnementales qui en résultent. Le CA a particulièrement salué l’originalité de l’objet, l’ampleur du travail de terrain mené en France et au Québec, ainsi que la solidité d’une analyse qui fait dialoguer géographie urbaine, sciences de l’eau et enjeux de santé. La thèse contribue à rendre visible un problème collectif encore insuffisamment pris en compte dans la prévention et la gestion des inondations.
Accessits
Mathilde Gouteux (Aix-Marseille Université, Laboratoire d’Économie et de Sociologie du Travail)
Un accessit est attribué à Mathilde Gouteux, en sciences de gestion, pour sa thèse intitulée « Composer l’organisation alternative par la dissonance. Étude des pratiques de commoning et de régénérescence coopérative au sein d’une friche culturelle constituée en SCIC ».
À partir d’une immersion approfondie dans une friche culturelle organisée en société coopérative d’intérêt collectif, cette thèse étudie la manière dont un collectif compose avec les désaccords, les conflits d’usage et les exigences de la démocratie au travail. Elle éclaire la dissonance comme une ressource possible pour faire vivre et évoluer l’organisation. Le CA a souligné la finesse de l’enquête, la richesse du dialogue entre sciences de gestion, études des communs et économie sociale et solidaire, ainsi que l’attention portée aux solidarités et à la soutenabilité des pratiques collectives.
Stanislas Kihm (Université d’Évry Paris-Saclay, UMR 8533 Institutions et dynamiques historiques de l’économie et de la société)
Un accessit est attribué à Stanislas Kihm, en histoire, pour sa thèse intitulée « Des stratégies sous tension : les véhicules électriques Renault entre incitations publiques, routines et contraintes industrielles (1973-2018) ».
Cette recherche retrace plusieurs décennies de développement du véhicule électrique chez Renault. En articulant incitations publiques, choix stratégiques, routines organisationnelles et contraintes industrielles, elle apporte une profondeur historique à un débat aujourd’hui central pour les transitions. Le conseil d’administration a salué la rigueur et la précision du travail documentaire, ainsi que l’intérêt de ce regard historique pour comprendre les trajectoires de l’innovation et les tensions qui les traversent.