Appel à contributions Revue de l’ENTREPRENEURIAT Numéro Spécial « ENTREPRENEURIAT AGRICOLE » « Nouvelles agricultures, nouveaux entrepreneurs » Date limite de soumission : 15 mai 2017

L’agriculture est une activité propice à la poursuite de nouvelles opportunités d’affaires et peut donc être porteuse de dynamiques entrepreneuriales. Au-delà des changements statutaires du métier d’agriculteurs (paysans, exploitants, entrepreneurs) et des enjeux induits (juridiques, organisationnels, sociaux), la réflexion académique autour du caractère entrepreneurial de l’agriculture n’est pas nouvelle (Ferrières, 1957 ; Sachs, 1973; Bourgois et Marseca, 1985 ; Muller et al., 1989 ; Carter, 1998). A partir des années 2000, certaines de ces réflexions ont été renouvelés et amplifiées à la lumière de l’essor de nouvelles gures entrepreneuriales (néo-ruraux, installations tardives, ou progressives), de nouvelles formes organisationnelles (vente directe, entrepreneuriat collectif, agriculture urbaine) et du rôle croissant de l’innovation et des nouvelles technologies d’information et de communication dans l’activité agricole (Evans et Llbery, 1993; Knudson et al., 2004 ; Cook et PlunkeG, 2006 ; Mouchet et Le Clanche 2007 ; Lanciano et Saleilles, 2010 ; Benezech, 2012 ; Mundler et al., 2014).
Souvent menées sous un angle sociologique, certaines analyses s’interrogent par ailleurs sur la succession ou la coexistence de deux modèles (souvent opposés) d’agriculture familiale et/ou entrepreneuriale (Remy, 2011) pouvant conduire à l’émergence d’une agriculture-firme (Olivier-Salvagnac, Legagneux, 2012), ou au contraire à légitimer l’entrepreneuriat rural (Carter & Rosa, 1998 ; Marchesnay, 1998). Depuis une dizaine d’années, quelques chercheurs en sciences de gestion se sont également emparés de cette question de l’entrepreneuriat agricole (McElwee, 2006, 2008). Parxemple, Bowler (1996) et Lagarde (2004, 2006) se sont intéressés aux déterminants familiaux et personnels des stratégies de diversification. Saleilles (2010) et Sutherland (2012) portaient un premier regard sur les agriculteurs néo-ruraux. Et Simon (2013) reliait le processus d’installation agricole à l’intention entrepreneuriale. Cependant, contrairement à la géographie, la sociologie ou l’économie, les entreprises agricoles sont encore peu présentes dans la littérature de gestion, en comparaison des enjeux qui s’y jouent. Si les installations classiques  déclinent, sous les effets conjugués des difficultés structurelles et conjoncturelles du secteur (crises économiques et sanitaires, essoufflement des « modèles ») et des évolutions des comportements des consommateurs et des attentes sociales (santé, proximité, écologie, traçabilité, services), de nouvelles formes et configurations d’entreprises émergent ou se développent. Elles traduisent souvent de nouvelles aspirations des agriculteurs et de leurs familles (cadre de vie, autonomie) et des consommateurs (proximité, typicité). On parle désormais de réappropriation des circuits de transformation et de commercialisation, de nouvelles productions et activités, d’innovation dans les financements (pluriactivité, installations progressives, crowfunding) et de nouvelles organisations du travail (entrepreneuriat collaboratif et coopératif, temps partiel), etc.
Face au déficit des recherches en gestion, l’objectif de cet appel à contribution pour un dossier spécial de la Revue de l’Entrepreneuriat vise à s’emparer de cette question de l’entrepreneuriat agricole afin d’analyser les spécificités des profils, les trajectoires entrepreneuriales et les processus d’installation et d’accompagnement des entrepreneurs agricoles.

Quatre thèmes principaux pourraient ainsi être abordés par les différentes contributions:
1. Le profil des entrepreneurs-agriculteurs : Peut-on parler de nouveaux agriculteurs, et d’entrepreneurs agricoles ? Quels sont alors leurs profils et caractéristiques ? Sont-ils spécifiques au champ agricole ?
2. Les formes entrepreneuriales : Quelles sont les formes observées en termes d’entrepreneuriat agricole, lors de l’installation et par la suite (activités, modèles économiques) ? Quels sont les nouveaux business models ?
3. Performance et pérennité : Quelles sont les principales problématiques observées en termes de pérennité et de performances ? Quelles sont les trajectoires de croissance de ces entreprises ? Les recherches en cours se focalisent généralement sur les réussites, mais qu’en est-il des échecs ?
4. Développement des compétences entrepreneuriales : Quels sont les nouveaux enjeux en termes de formation et d’ingénierie agricole ? Comment évoluent les formations classiques, et comment les acteurs et outils des autres secteurs pénètrent-ils l’agriculture ? Quels liens entre formation et intention entrepreneuriale des étudiants dans le domaine agricole ?

D’autres thèmes en lien avec l’entrepreneuriat et l’entrepreneur en agriculture pourront également être considérés. L’ensemble de ces questions peut s’ouvrir à des contextes internationaux via des comparaisons, des analyses régionales ou à travers des regards sur des expériences à l’étranger.
Ainsi présentées, ces questions permettent d’appréhender le sujet à la fois sous un angle académique conceptuel (analyse d’un type spécifique d’entrepreneuriat), empirique (analyse des spécificités liées à un champ délimité) et managérial (approche normative du processus de création et des outils d’accompagnement à l’installation agricole). Enfin, cela pourrait participer à « nourrir » les réflexions autour de la formation à l’entrepreneuriat agricole dans les universités et les écoles d’ingénieurs agronomes.
En termes de démarches méthodologiques, sans être exclusifs, plusieurs outils (ou combinaison) peuvent être mobilisés: recueil d’informations nationales ou locales sur les processus de création d’entreprises agricoles et d’accompagnement à l’installation (structures associées, mécanismes de suivi, aides), suivi longitudinal d’un échantillon d’entrepreneurs, enquête qualitative exploratoire pour idenfier les items concernant les profils, les trajectoires et enquête quantitative confirmatoires afin de tester certains liens entre les trois groupes de variables.

Calendrier de la publication :
 10 septembre 2016 : Appel à propositions Numéro spécial Entrepreneuriat Agricole
 15 mai 2017 : Envois des propositions (articles complets) par les auteurs
 Juillet 2017 : réponse des évaluateurs
 Octobre 2017 : Workshop éditeurs /évaluateurs -auteurs
 Janvier 2018 : Envoi des secondes versions par les auteurs
 Avril 2018 : Secondes réponses des évaluateurs
 Septembre 2018 : Envois des versions définitives par les auteurs
 Fin 2018/ début 2019 : parution du numéro spécial Entrepreneuriat Agricole

Soumissions :
L’envoi des propositions doit être réalisé par mail, avec l’objet « Numéro spécial Entrepreneuriat agricole», à , (destinataire) et (copie).
Tous les textes soumis doivent être envoyés sous format Word® ou équivalent, et doivent respecter le format de présentation de la Revue de l’Entrepreneuriat : http://www.entrepreneuriat.com/polerecherche/la-revue-nouvelle-formule/note-aux-auteurs/#c958
Les textes peuvent être soumis en Français ou en Anglais. Les auteurs des propositions complètes retenues (1eres versions) seront invités à présenter leurs articles en anglais lors du workshop qui sera organisé en octobre 2017.

Contact: Pour toutes questions concernant cet appel, contacter F. Cheriet :

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